Le discours de Donald Trump devant les Nations unies marque un tournant brutal, révélant sans détour les visées impérialistes des États-Unis. Loin de toute forme de diplomatie, Trump affiche une volonté explicite : renforcer la domination mondiale de Washington dans un monde désormais secoué par l’émergence du Sud global, conduit par la Chine et la Russie, qui plaident pour un ordre multipolaire.
Face à la montée en puissance de nouveaux pôles d’influence, Trump n’a cessé de réaffirmer la suprématie américaine à travers la menace, la force militaire et l’intimidation économique. À la tribune des Nations unies, il s’en est violemment pris à la Chine, à l’Inde, au Venezuela, et même au président brésilien Lula, autant de pays qui refusent de se plier aux injonctions de Washington.
Cette posture va au-delà de l’opposition aux adversaires traditionnels : même les alliés historiques sont désormais soumis à une pression constante. Trump impose sanctions, tarifs douaniers punitifs et chantage économique sans égard pour ses partenaires européens. Son impérialisme assume une rupture avec les principes fondateurs des Nations unies, notamment ceux hérités de la lutte contre le fascisme, au profit d’une politique unilatérale fondée sur la domination brute.
Mais cette rhétorique guerrière trahit aussi un affaiblissement stratégique. Le monde n’est plus celui de l’après-guerre froide. Face à la montée du Sud global, Trump multiplie les attaques, mais celles-ci rencontrent une résistance de plus en plus affirmée.
Le président sud-africain a ainsi dénoncé les « pratiques commerciales unilatérales et la coercition économique » des États-Unis, citant l’embargo contre Cuba comme symbole d’un ordre injuste. De son côté, Gustavo Petro, président de la Colombie, a fustigé sans détour « la barbarie planétaire » orchestrée par les États-Unis, évoquant les missiles américains ayant frappé 17 jeunes non armés en mer des Caraïbes, ainsi que les bombardements de civils à Gaza. Il établit un lien direct entre la violence militaire, la persécution des migrants et l’inaction climatique.
Ces prises de position traduisent un tournant historique : de plus en plus de pays du Sud refusent de se soumettre à l’ordre mondial imposé par Washington.
Le discours de Trump n’est donc pas seulement une menace : il est aussi le reflet d’un empire en crise, confronté à une nouvelle réalité mondiale qu’il ne parvient plus à maîtriser.
