De nouvelles personnalités sanctionnées : l’hypocrisie américaine face à la crise haïtienne

Une fois de plus, les États-Unis annoncent des sanctions contre des figures politiques haïtiennes. Cette fois-ci, ce sont l’ancien sénateur Antonio Cheramy et l’ex-député Arnel Bélizaire qui se retrouvent dans le collimateur de Washington. Le sous-secrétaire d’État américain, Christopher Landau, a révélé cette décision ce lundi, lors d’une réunion au siège des Nations unies. Il a précisé qu’elle répond à leur implication présumée dans des actions visant à compromettre le processus démocratique en Haïti.

Mais au-delà de l’effet d’annonce, une question essentielle demeure : que changent réellement ces mesures sur le terrain ?

Depuis des années, les sanctions s’accumulent. Des noms sont exposés, des titres sont retirés, mais les visages du pouvoir en Haïti demeurent inchangés. Les réseaux d’influence, quant à eux, continuent d’opérer dans l’ombre. Et la population, épuisée par l’insécurité, la misère et l’absence de services publics de base, peine à percevoir la moindre amélioration. Ceux qui sont sanctionnés continuent souvent à tirer les ficelles, depuis l’étranger ou par le biais d’intermédiaires. Rien ne change fondamentalement.

Sous la précédente présidence Trump, les sanctions avaient pris des allures d’outil de communication, davantage destinées à afficher une posture de fermeté qu’à provoquer des transformations structurelles. Ironiquement, avec le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, cette logique semble réapparaître : frapper fort sur le plan symbolique tout en ménageant, dans les coulisses, les acteurs qui continuent de servir certains intérêts géostratégiques.

Le gouvernement Trump, tout en affichant la volonté de « nettoyer » la scène politique haïtienne, poursuit sa collaboration avec des réseaux politiques et économiques qui ont eux-mêmes contribué à la déstabilisation du pays. Cette contradiction manifeste alimente un profond sentiment d’hypocrisie parmi de nombreux Haïtiens, qui perçoivent ces annonces comme une gesticulation diplomatique de plus, sans véritable volonté de rupture avec les pratiques du passé.

À quoi sert une sanction si l’individu visé peut toujours manipuler le jeu politique ? Que valent ces gestes symboliques si, dans la réalité, le quotidien des Haïtiens demeure inchangé ? Il ne suffit pas de désigner quelques coupables pour réparer un système brisé.

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