𝐇𝐚𝐢𝐭𝐢-𝐄𝐥𝐞𝐜𝐭𝐢𝐨𝐧 : 𝐋𝐞 𝐂𝐄𝐏 𝐦𝐞𝐭 𝐥𝐞 𝐜𝐚𝐩, 𝐦𝐚𝐢𝐬 𝐥𝐞 𝐠𝐨𝐮𝐯𝐞𝐫𝐧𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐬𝐞𝐦𝐛𝐥𝐞 𝐩𝐞𝐫𝐝𝐫𝐞 𝐥𝐞 𝐍𝐨𝐫𝐝.


À grands pas, le Conseil Électoral Provisoire (CEP) avance et tente de tout mettre en place pour la tenue des prochaines élections prévues en août, conformément au calendrier électoral publié et officialisé. En parallèle, les autorités gouvernementales réaffirment régulièrement leur volonté d’accompagner le processus électoral. Pourtant, sur le terrain, la question décisive demeure entière : qui garantit l’espace minimal de sécurité sans lequel un scrutin ne peut être qu’une illusion ?

Le contraste est là. D’un côté, le CEP agit comme une institution qui sait qu’un calendrier n’attend pas. Il enregistre les partis, affine les dispositifs, inscrit son action dans une logique d’échéance et d’exécution. Le pouvoir électoral, avec les moyens du bord, donne le sentiment de regarder sa mission en face. Il trace, il compte, il annonce, il organise. Même le débat budgétaire autour des élections atteste qu’au CEP, au moins, l’horloge tourne encore dans le sens d’un objectif. Plus de 300 partis et regroupements politiques sont déjà enregistrés, signe qu’un mécanisme institutionnel est bel et bien enclenché.

De l’autre côté, le gouvernement chargé de la sécurité générale du pays paraît évoluer sous une autre latitude mentale. Son discours promet l’ordre, ses communiqués parlent de reprise de contrôle, de renforcement régalien, de bataille contre l’insécurité. Mais la réalité, elle, continue de dicter une tout autre grammaire. Quand des journalistes sont mystérieusement enlevés au centre-ville de la capitale et qu’aucun responsable d’État n’en dit mot, la promesse de sécurisation entre en contentieux avec le réel.

Plus profondément encore, l’architecture de défense et de sécurité du pays paraît prise dans un brouillage managérial. Tout s’y déroule comme à l’intérieur d’un système d’improvisation palpable : management balbutiant de la Police Nationale, contrats suspects, Mission Multinationale de Soutien à la sécurité passive, priorité accordée aux mercenaires, promesse répétée de déploiement de forces de répression des gangs sans lisibilité stratégique durable… L’ensemble donne moins l’image d’une doctrine de sécurité articulée que celle d’un assemblage instable, traversé par des arbitrages opaques, des chaînes de décision incertaines et une difficulté chronique à fixer une ligne de commandement crédible.

Août approche. Le CEP compte les jours et les pas. Le pays, lui, compte toujours ses territoires perdus, ses peurs accumulées en montagne de souffrances. À ce rythme, le risque est que le Conseil électoral provisoire arrive à l’heure au rendez-vous des élections, tandis que le gouvernement, lui, répond aux abonnés absents ou se suspend au « pèlen tèt » d’un blanc ou du blanc.

𝑃𝑎𝑟 𝐽𝑒𝑎𝑛 𝑉𝑒𝑛𝑒𝑙 𝐶𝑎𝑠𝑠𝑒́𝑢𝑠

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